Féminicide

Violences conjugales : 149 femmes tuées par leur conjoint ou ex-compagnon en 2018

Les associations ont recensé, pour cette année 2019, au moins 100 féminicides, le but est d’apporter des mesures concrètes pour faire reculer ce fléau. Et les chiffres entourant ce phénomène montrent qu’il y a urgence.

En 2018, 149 personnes sont décédées sous les coups de leur partenaire ou de leur ex-partenaire de vie. C’est le résultat de l’étude nationale relative aux morts violentes au sein du couple sur l’année 2018, établie par la Délégation aux victimes des directions générales de la police et de la gendarmerie. Parmi ces victimes, on dénombre 121 femmes et 28 hommes (contre 130 femmes et 21 hommes en 2017).  Ainsi, un décès criminel survient au sein du couple tous les deux jours et demi et une femme décède sous les coups de son partenaire ou de son ex-partenaire tous les trois jours. 

CELA PARAIT INVRAISEMBLABLE !!!!

L’auteur des faits est le plus souvent un homme et dans près de sept cas sur dix il a fait usage d’une arme. Dans la majorité des cas, les hommes, comme les femmes, tuent leur compagne ou compagnon, avec une arme blanche, une arme à feu ou par strangulation. 

Les faits sont, les plus souvent, commis au sein d’un domicile qu’il soit celui du couple ou de l’un des deux membres (83,2 % des cas). Dans une grande majorité de cas, il n’y a pas préméditation. Disputes, séparations et maladie ou vieillesse sont les principales causes de ces drames conjugaux. Sur les 149 cas de morts violentes enregistrées, 54 affaires ont été précédées de violences au sein du couple. Dans 30% des cas, l’auteur, principalement quand il s’agit d’un homme, était sous l’emprise de l’alcool.  Les hommes auteurs de féminicides sont le plus souvent âgés de 30 à 49 ans, contre 60 à 69 ans pour les femmes tuant leur conjoint ou ex-compagnon.

Les décès lors de violences dans les couples représentent 19% de l’ensemble des décès constatés lors d’homicides ou violences volontaires au cours de l’année 2018.  

Depuis le 27 novembre 2018, le portail de signalement des violences sexuelles et sexistes facilite les démarches des victimes auprès de policiers et de gendarmes spécifiquement formés. Depuis sa mise en place, 3 400 échanges ont été réalisés avec des victimes et 1 000 dossiers ont été transmis pour enquête aux services de police et de gendarmerie concernés. 

La tenue d’un « Grenelle des violences conjugales » du 3 septembre au 25 novembre devrait essayer de trouver des pistes pour la protection de toutes ces victimes.  Depuis le 1er janvier, 76 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-conjoint, selon le décompte du collectif « Féminicides par compagnon ou ex »

A ce rythme nous allons dépasser les 200 d’ici la fin de l’année et battre un record », se désole Marlène Frich, thérapeute psychanalytique de couple, spécialisée dans les violences conjugales et intrafamiliales. « C’est d’autant plus inquiétant, qu’il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg » puisqu’en 2017, environ 219 000 femmes ont déclaré avoir été victimes de violences conjugales. « C’est un réel problème de société, qui touche toutes les classes sociales, tous les milieux. »

Un arsenal législatif encore trop peu utilisé

Il existe pourtant « un arsenal législatif cohérent » (ordonnance de protection, bracelet électronique, téléphone grave danger) pour lutter contre les violences conjugales. « Mais malheureusement, il n’est pas assez utilisé », déplore Marlène Frich. Déjà, car nombre de femmes maltraitées supportent des situations inacceptables au nom de l’amour, sont dans la légitimation, ou ne se rendent tout simplement pas compte du danger qu’elles courent. D’autres encore sont trop terrifiées pour porter plainte, ou culpabilisent. 

Mais chaque nouveau décès, chaque marche blanche illustre de manière tragique que dans ce domaine notre pays piétine au lieu d’avancer. Dans de trop nombreux cas, la victime avait tenté de porter plainte, mais des policiers ou des gendarmes insuffisamment avertis – ou débordés – l’avaient laissée repartir vers son meurtrier malgré ses appels au secours.

« Tous les parquets ne gèrent pas les situations de la même manière », abonde Marlène Frich. « Dans certains, dès qu’il y a plainte, il y a garde à vue. Dans d’autres, en revanche, on convoque le conjoint violent pour dans deux mois. Ou alors on dit à la victime : ce n’est pas grave, vous n’allez quand même pas envoyer le père de vos enfants en prison pour cela. Il y a vraiment un travail éducatif à faire auprès de la justice, des gendarmes, des policiers, des travailleurs sociaux… »

Alors pour « identifier à quelle étape ces femmes ont été abandonnées à leurs bourreaux », Laurence Rossignol a demandé l’ouverture d’une enquête qui serait confiée conjointement aux inspections générales de l’administration et de la justice. « C’est une bonne chose », selon Marlène Frich. « Quand un juge déconne, il est normal qu’il soit mis sur la sellette. Quand un policier ne fait pas son travail de service public, il est normal qu’il soit sanctionné »

Que faire de ces conjoints violents ?

Mais cela ne suffit pas. « La prise en charge des auteurs de violences est aussi fondamentale », estime Marlène Frich. « Ces hommes considèrent leur femme comme un vase ou un pot de fleurs et non pas comme une personne. C’est leur objet », explique-t-elle, estimant que si certains « sont des cas désespérés », pour beaucoup, un travail de rééducation s’impose.

L’Espagne, l’exemple à suivre…

« Pour un pays occidental, on n’est quand même pas en avance », soupire Marlène Frich, qui se réjouit toutefois que la France veuille suivre l’exemple de l’Espagne. Mesures de protection, assistance juridique et psychologique, magistrats spécialisés dans les violences conjugales, le pays est un pionnier en la matière en Europe. Mais il y a mis les moyens : un milliard si l’on se réfère au Pacte d’État contre la violence machiste conclu en 2017. 

Et en France ? Dans le rapport « Où est l’argent contre les violences faites aux femmes« , cinq organisations estiment que notre pays consacre actuellement 79 millions d’euros à la lutte contre les violences faites aux femmes. Là où il en faudrait au moins 506 millions, selon elles. « Où est la grande cause du quinquennat », s’interrogent dans Libération 150 sénateurs, s’élevant contre ce manque de moyens financiers et humains.

« Opposer la contrainte budgétaire à des orphelins n’est pas concevable », s’insurgent-ils

En réponse, la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a annoncé, dans un entretien au Journal du dimanche, que le gouvernement lancerait en septembre à Matignon un « Grenelle des violences conjugales »,

QUELLE HONTE DE PRENDRE CE PROBLEME AVEC AUTANT DE LAXISME POUR QUELQU’UN QUI SE PAVANNE DEVANT LES CAMERAS DE TELEVISION EN SE DECLARANT DEFENSEURE DES DROITS DES FEMMES !!!!!

QUE DE TEMPS PERDU ALORS QUE DES DIZAINES DE FEMMES SOUFFRENT CHAQUE MINUTE DE LEURS VIES !!!!

PRENEZ EXEMPLE SUR CE QUI EXISTE EN EUROPE ET AGISSEZ IMMEDIATEMENT MADAME SCHIAPPA, DES FEMMES MEURENT !!!!!

Réf :

  • Rapport du Haut Conseil à l’Égalité Femmes-Hommes
  • Médiapart
  • Libération
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